
Accueil » Kyoto hors saison : pourquoi janvier-février est le meilleur moment pour visiter
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Tout le monde vous dira la même chose : visitez Kyoto au printemps pour les cerisiers, ou en automne pour les érables. Ce sont de bons conseils. Ce sont aussi les deux périodes où la ville est la plus bondée de l’année, où les hôtels coûtent le double, où les temples célèbres ressemblent à des concerts en plein air.
Je vis à Kyoto depuis plus de quatre ans. Et si je devais conseiller quelqu’un qui veut vraiment vivre la ville, pas juste la photographier, je lui dirais de venir en janvier ou en février. Voici pourquoi.
La plupart des voyageurs évitent l’hiver japonais pour deux raisons : le froid, et l’idée qu’il n’y a « rien à voir ». Les deux sont discutables.
Oui, il fait froid à Kyoto en janvier-février. Les températures descendent souvent autour de 3 à 7°C le jour, parfois sous zéro la nuit. Il peut neiger, quelques fois par hiver. Mais il s’agit d’un froid sec, supportable avec une bonne veste, et surtout d’un froid qui vide complètement les lieux touristiques.
Kinkaku-ji un mardi matin de février : une poignée de personnes devant le pavillon d’or. Fushimi Inari à l’aube : les allées de torii quasiment désertes. Arashiyama en semaine : vous pouvez marcher au bord de la rivière sans jouer des coudes. Ces images existent. Elles ne font pas de bonnes photos Instagram, c’est pour ça que personne n’en parle.
Il y a une chose que peu de guides mentionnent : Kyoto a ses propres cerisiers d’hiver. On les appelle les ume, les pruniers, et ils fleurissent en février, parfois dès la fin janvier si l’hiver a été doux.
Leurs fleurs sont blanches ou rose pâle, plus petites que les sakura, avec un parfum délicat qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Et contrairement à la floraison des cerisiers qui dure deux semaines dans une hystérie collective, la saison des pruniers se déroule dans un calme presque total.
Le meilleur endroit pour les voir à Kyoto : Kitano Tenman-gu, le grand sanctuaire dédié à Sugawara no Michizane, le dieu des études et de la calligraphie. Son jardin de pruniers (baien) ouvre chaque année à partir de début février et abrite environ 2 000 arbres. À mi-février, les allées sont couvertes de pétales. L’entrée du jardin est payante (environ 800 ¥), mais le sanctuaire lui-même est libre d’accès.
Le 25 février, Kitano Tenman-gu organise le Baikasai — la fête des pruniers. Les geiko et maiko du quartier de Kamishichiken servent le thé sous les arbres en fleurs, dans leurs plus beaux kimonos d’hiver. C’est l’un des rares moments de l’année où vous pouvez croiser des geiko dans un cadre non-touristique, sans payer une somme exorbitante pour un ochaya privé. La cérémonie du thé est ouverte au public (environ 1 500 ¥).
Le 3 février, toute la ville célèbre Setsubun, la fête qui marque le passage de l’hiver au printemps dans le calendrier lunaire. On lance des fèves de soja pour chasser les mauvais esprits (oni wa soto, fuku wa uchi), on mange un maki entier sans le couper en regardant dans la direction de l’année, et les temples organisent des cérémonies qui remontent parfois à plusieurs siècles.
À Kyoto, Setsubun est une autre catégorie.
Yoshida Jinja, sur la colline du même nom à l’est de la ville, est l’un des rares endroits au Japon où se pratique encore la cérémonie Tsuina, un rituel d’exorcisme où des demons (représentés par des acteurs en costumes traditionnels) sont symboliquement chassés du sanctuaire par des archers rituels. La cérémonie a lieu le soir du 2 février, à la lueur des torches. Les étals de nourriture envahissent toute la colline jusqu’à tard dans la nuit. C’est dense, vivant, authentique, rien à voir avec les reconstitutions touristiques.
Yasaka Jinja à Gion propose ses propres cérémonies les 2 et 3 février, avec des danses de geiko et maiko suivies du lancer de fèves traditionnel. C’est fréquenté, mais l’accès est libre et l’atmosphère reste celle d’un vrai événement de quartier.
Kyoto reçoit de la neige quelques fois par hiver, rarement abondante, mais suffisante pour transformer la ville pendant quelques heures. Quand ça arrive, c’est l’une des plus belles choses que j’aie vues dans cette ville.
Le Kinkaku-ji sous la neige est une image que l’on trouve dans les livres d’histoire japonaise. La mousse des jardins de Ryoan-ji recouverte d’une fine couche blanche ressemble à une estampe. Les toits de tuiles grises des machiya de Nishiki prennent une profondeur que la lumière d’automne n’a pas.
Il n’y a aucune garantie de neige, évidemment. Mais si vous venez en janvier ou début février, vous avez une vraie chance d’assister à ça, une chance qui est à zéro au printemps et en automne.
La différence de tarifs entre la haute et la basse saison à Kyoto est concrète. En dehors des fêtes du Nouvel An (premier janvier au 3 janvier, à éviter), janvier et février sont parmi les mois les moins chers de l’année pour se loger à Kyoto.
Un ryokan qui affiche 30 000 ¥ la nuit en avril peut descendre à 15 000 ¥ en janvier. Les hôtels de charme en centre-ville, complets des mois à l’avance au moment des cerisiers, acceptent souvent des réservations de dernière minute en hiver. Pour ceux qui voyagent avec un budget ou qui veulent simplement loger dans le bon quartier sans se ruiner, c’est un argument non-négligeable.
Prévoyez :
Ne craignez pas :
Il y a quelque chose dans cette ville en hiver qui n’existe pas le reste de l’année. La lumière est froide et directe. Les rues de Gion le matin sont presque silencieuses. Les temples respirent. Les habitants se déplacent normalement, sans se sentir envahis.
C’est cette Kyoto-là que j’ai découverte en m’y installant. Et c’est celle que je recommande à ceux qui ont envie de comprendre la ville, pas seulement de la voir.
Les températures tournent autour de 3 à 7°C le jour, avec des nuits parfois sous zéro. C’est un froid sec, supportable avec un bon manteau, des sous-vêtements thermiques et des chaussures imperméables. Rien d’extrême, rien à voir avec Hokkaido ou les Alpes japonaises. Les intérieurs (temples, restaurants, transports) sont tous bien chauffés.
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